Togo : 27 avril, une date, une histoire et des souvenirs

 Togo : 27 avril, une date, une histoire et des souvenirs

Ranimation de la flamme de l’indépendance, tirs de salves, défilé militaire, euphorie nationale, le Togo commémore le 61ème anniversaire de son accession à la souveraineté. En dépit d’une pandémie de covid-19 insistante, le gouvernement a marqué de son empreinte cette journée particulière. Simple tradition pour certains, occasion de réflexions pour d’autres.

La ville de Lomé vêtue des couleurs nationales, des drapeaux togolais visibles sur les routes ; c’est le 27 avril. « Un jour spéciale qui nous rappelle l’histoire de notre pays, le Togo », écrit Kouméalo Anaté, écrivain et députée à l’Assemblée nationale. Comme à l’accoutumée, le président de la République, Faure Gnassingbé s’est rendu à la Place de l’indépendance, à la veille de la célébration pour ranimer la flamme de l’indépendance.

« La nuit est longue » 

« La nuit est longue, mais le jour vient », avait déclaré, le jour de l’indépendance, Sylvanus Olympio, premier président du Togo, lors de la proclamation de l’indépendance du pays. Cette phrase raisonne toujours dans l’esprit des personnes qui ont vu naître le Togo et qui ont vécu l’époque de l’indépendance.

Beaucoup d’entre elles sont décédées comme le père de l’indépendance lui-même, assassiné quelques temps après l’accès à l’indépendance. « Une pensée spéciale pour celles et ceux qui ont payé de leur vie pour nous donner le droit de dire que nous sommes Togolais », hommage d’Eric Wonanu, artiste peintre.

Sylvanus Olympio, père de l’indépendance

Une joie très tôt noircie

Combat, résistance, courage et détermination du peuple togolais ont porté des fruits. « Le Togo qui, depuis 1884, a été successivement protectorat allemand, condominium franco-britannique, territoire sous tutelle de la France, retrouves-en ce jour du 27 avril 1960, sa liberté d’antan », s’exclamait Sylvanus Olympio. Hélas, cette joie a été de courte durée. Le président du Comité de l’unité togolaise (Cut), élu à la tête du pays le 09 avril 1961, a été assassiné le 13 janvier 1963. C’est le début d’un nouveau chapitre moins heureux dans l’histoire politique du Togo.

« Reprendre les idéaux des pères fondateurs »

Nicolas Grunitzky, le remplaçant d’Olympio sera lui-même renversé le 13 janvier 1967. Ainsi démarre le règne du régime Gnassingbé. Durant 37 ans, le pays sera dirigé d’une main de fer par Gnassingbé Eyadema. Décédé en 2005, son fils Faure prend le pouvoir. Il a été réélu pour un quatrième mandat avec 72,3% des voix, en février 2021.

37 ans au pouvoir ; 15 à 20 ans au pouvoir. Ces chiffres sont diversement appréciés par les Togolais. D’aucuns se demandent encore si le Togo est réellement indépendant, surtout sur le plan politique. Pour Klétus Situ, jeune bloggeur, « le Togo est mort depuis ce jour-là avec Sylvanus Olympio et végète corps sans âme. Il nous faut redonner une âme à ce pays, reprendre les idéaux des pères fondateurs ». Que célébrons-nous chaque 27 avril ?

Elisée Rassan

Redaction

Poste connexe